Histoire

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Dossier restauration de l'église

 L’église de Boulon présente un net intérêt archéologique, car elle garde des vestiges de son aspect primitif. Elle a été  construite vers 1030 par les moines de Saint Etienne de Fontenay pour Raoul Tesson, seigneur du très puissant domaine du Thuit, qui leur en a donné le bénéfice.

 Monsieur Galeron, dans sa statistique de l’arrondissement de Falaise de 1828, suppose que l’édifice a été construit sur des fondations romaines. L’église est sous l’invocation de saint Pierre. La nef est romane, et le mur du nord ainsi qu’une partie de la façade occidentale sont bâtis appareillés en arêtes de poisson (opus spicatum) comme c’est le cas pour d’autres églises anciennes du canton, celle proche de Mutrécy, par exemple, qui comporte d’ailleurs bien d’autres points communs avec Boulon (ouvertures romanes étroites et portail roman en plein cintre orné). De très étroites fenêtres romanes en pierre de taille calcaire, à entourage parfois monolithe, sont visibles bien  qu’ayant été bouchées jusqu’en 2005. Elles nous donnent une bonne idée de l’aspect du bâtiment à sa construction et du peu de lumière qui y pénétrait alors.

 L’ensemble le plus remarquable est incontestablement le portail roman situé au bas de la nef, qui s’apparente à celui des églises de Bully et de Mutrécy. L’arc en plein cintre est diversement décoré de motifs géométriques du plus bel effet décoratif. Il reposait sur des chapiteaux (voir photo du portail), là encore très originaux, représentant, à droite, un homme debout entre deux serpents qu’il tient et qui lui mordent la tête, et, à gauche, trois personnages et des entrelacs. Ces chapiteaux reposaient eux-mêmes sur des colonnettes de bois, (aujourd’hui disparues), ce qui est assez inhabituel.

 L’intérieur de l’église saint Pierre se caractérisait par son dépouillement, mais aussi par son enduit peint en fausses pierres, qui n’était pas du meilleur effet.

 L’arc triomphal qui sépare la nef du chœur est orné, comme la porte observée précédemment à l’extérieur, de motifs géométriques, peut-être romans, ou datant de la reconstruction du chœur au XIXe siècle. (probablement 1848).

 L’autel, de la première moitié du XIXe siècle, est orné de motifs décoratifs variés (calice, croix, ciboire, etc..) Il était surmonté d’une peinture représentant l’Adoration des Mages, datant du XVIIe siècle, sur laquelle on peut remarquer, à droite, le patron de la paroisse, saint Pierre. On trouve dans le chœur une autre peinture de dimension plus réduite, d’excellente qualité. Elle représente l’Apparition de l’Enfant Jésus à un moine et date de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe  siècle. Cette toile, restaurée et repeinte au XIXe siècle, est sans doute l’œuvre d’un artiste étranger à la Basse-Normandie.

 Le christ de l’arc triomphal est du XVIIIe siècle et les deux autels latéraux de 1815, au moins pour le retable et les statues, aujourd’hui malheureusement dégradés et démontés (une restauration peut être envisagée). Les statues sont des œuvres de série qu’on retrouve dans d’autres églises de la région comme Fresney le Puceux et Bretteville le Rabet, par exemple. Elles représentent la vierge à l’enfant et saint Louis. Sont à noter, enfin, les fonts  baptismaux de marbre à veines roses, sans doute d’origine locale (Laize la Ville), et qui, datent des années 1770-1800, et les vitraux représentant des scènes bibliques, de la fin du XIXe siècle.

 

 

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Abbé Paul Octave GAUGAIN

 Maire et collectionneur

  La personnalité de cet abbé ; aux goûts peu conformistes, demeure encore mystérieuse. Né le  4 avril 1850 dans le petit village de Boulon, Paul Octave GAUGAIN était d’origine modeste, son père, journalier, déclare à sa naissance ne pas savoir signer, sa mère était dentellière.

 C’était un grand collectionneur et un fidèle client de Durand–Ruel. Il avait fini par entrer directement en contact avec plusieurs artistes notamment Renoir et  Pissaro à qui il acquiert en 1892 ou 1893 une toile intitulée « la femme à la brouette ». Parmi les œuvres qu’il a réunies, des noms prestigieux : Boudin, Cézanne, Degas, Guillaumin, Monet, Renoir et Sisley.

 L’abbé GAUGAIN fut élève de l’école des Hautes Etudes à la Sorbonne. Il fut professeur de philosophie à Caen, à Paris il fut également directeur du cours Saint Augustin,  95 boulevard Haussmann. Il se retire à  Boulon dont il fut maire et délégué cantonal de 1896 jusqu’au  24 juin 1904. Il est décédé à Paris à l’âge de 55 ans, il repose dans le cimetière de Boulon.

 Prêtre remarquable par sa science, sa rare modestie et sa bonté inépuisable. Professeur licencié-es-lettres, père de tous les pauvres, déjà restaurateur de notre église. Les habitants lui en ont été reconnaissants en apposant, après son décès, une plaque sur un mur intérieur de l’église.

 

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Le portail de l'église 

Le portail est situé sur le mur nord de la nef. Les archivoltes du portail, constituées de claveaux pentagonaux, retombent, par l’intermédiaire de tailloirs à palmettes, sur des chapiteaux représentant des personnages entourés de serpents

 

 

 

 

 

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